Petits mystères des bois (2/4)
Poursuivons notre découverte des petits mystères des bois... Là encore, de nombreuses surprises vous attendent. Et ne continuez pas à tricher lors des questions !!
Pourquoi cet arbre tient-il son voisin serré entre des dents ?

- Réponse A : Au moment de la coupe, le jeune arbre est resté accroché dans les branches de son voisin
- Réponde B : Le petit arbre était déjà prisonnier du gros quand les bucherons l'ont scié. Il a cicatrisé son pied coupé et a continué de vivre ainsi, suspendu en plein ciel, pendant des années
- Réponse C : L'"Arbre mordeur" (Fraxinus valachiae) appartient à la grande famille des "suceurs de sève". Des espèces qui ont la particularité de se procurer un supplément de cellulose en parasitant d'autres arbres
Vous avez trouvé ? Cherchez un peu mieux, voyons !
Réponse B : L'histoire du Mordeur-de-branche commence exactement comme celle de Roméo et Juliette. La branche du jeune arbre, à force de frotter contre le gros, empêche ce dernier de grossir normalement. L'arbre se met alors à tricoter un énorme bourrelet de bois pour contourner le géneur par-dessus. Le bourrelet grossit, grossit - tandis que dans le même temps, la branche commence à s'affaiblir. Les champigons passent à l'attaque. Elle meurt et tombe à terre.
Ainsi, à chaque fois que vous apercevez, sur un tronc, une cicatrice en forme de bouche de Popeye, jetez un coup d'oeil sur le tron d'à côté. Vous y découvrirez presque toujours le départ d'une ancienne branche.
Si le petit arbre reste vivant, c'estqu'il y a une raison à ce miracle... Les deux voisins sont de la même espèce. Ils ont réussi à connecter leurs milliers de pipelines à sève et ne forment maintenant plus qu'un seul et même individu. Le grand nourrit le petit. Du coup, il peut fabriquer de nouvelles feuilles et de nouvelles branches et aussi cicatriser son pied, coupé par les bucherons. Cette greffe est rarissime, et c'est donc pourquoi je n'ai pas de photo à vous proposer...
Une loupe c'est une boule, parfois énorme, qui pousse sur les troncs ou sur une branche maîtresse. Seulement, l'arbre qu'en pense-t- il ? Et si nous lui demandions son avis sur les loupes ?

- Réponse A : Pas de souci, elle est sans aucun danger pour moi !
- Réponde B : J'en ai une frousse terrible... Elle peut entraîner ma mort en quelques années...
- Réponse C : C'est une maladie, mais à évolution très, très lente. Le seul ennui, c'est que les arbres du voisinage me regardent tous de travers à cause des risques de contagion !
Malgré son aspect parfois très impressionnant, la loupe ne cause aucun dommage à l'arbre (Réponse A). C'est simplement le cambium qui, devenu subitement fou, s'est mis à produire une prolifération tourbillonnante de cellules, des millions de fibres enchevêtrées. A part cela, la loupe ne rend pas l'arbre malade. Elle ne se transmet pas non plus aux arbres voisins. Mieux, chez un tout petit nombre d'espèces - Chêne, Frêne, Noyer et Erable - elle peut représenter une vraie petite fortune car elle dissimule à l'intérieur de son bois un motif original, parfois beau comme une oeuvre d'art et qui est extrêmement recherché pour la fabrication de placage de luxe, de meubles, d'échiquier, de coffrets,...
- Réponse A : L'arbre fabrique des raccoucis pour faciliter les déplacements de l'Ecureuil qui dissémine ses graines
- Réponde B : L'arbre le plus petit pompe la sève de son voisins grâce à cette branche (qui est en fait une racine aérienne). A noter d'ailleurs que son tronc est légèrement plus gros au-dessus de cette racine qu'en dessous
- Réponse C : La branche de l'arbre de gauche a frotté contre le tronc de son voisin, et tous deux ont fini par se greffer
Quand le bout de branche disparaît, cela devient très dur de comprendre comment nos deux,lascars en sont arrivés à être reliés l'un à l'autre par un petit pont en bois.
Le pont sert de poutre. Il relie les 2 pattes d'éléphant du dessous et leur permet de supporter à deux le poids de l'édifice. Du coup, ces pilliers ont moins besoin de grossir : l'érbre économise du bois. Mais, au-dessus du petit pont, tout change : chaque tronc se retrouve cette fois en tièrement seul pour supporter le gigantesque fardeau des branches et des feuilles secouées par le vent. Ainsi, le tronc de droite est devenu très gros : c'est qu'il supporte une cime nettement plus lourde que celle de son copain ; d'où cette chose incroyable et que les gens remarquent rarement ! C'est donc la Réponse C.
Un géant féroce a griffé le tronc de cet arbre. Des lambeaux d'écorce ont été arraché jusqu'à 7 ou 8 mètres de hauteur. Qui a bien pu lui infliger des blessures pareilles ?
- Réponse A : Un Grizzli particulièrement costaud
- Réponde B : Les Ecureuils à force de circuler vers leur nid en empruntant toujours le même chemin
- Réponse C : Une souche
Cette souche, c'était un arbre et en la coupant, le bucheron a râté son coup (Réponse C) : mon voisin m'est tombé dessus avec toutes ses branches ! Les blessures dues à la chute d'un arbre sont obliques : elles dessinent le trajet des branches. Parfois, nous les arbres, on peut avoir des blessures plus importantes au niveau du pied : c'est quand ils emmènent son corps avec leurs machines. Ils ne font attention à rien !
L'arbre se dépêche de recouvrir sa blessure avec un épais blindage de bois pour empêcher ses ennemis mortels (champignons et insectes) de profiter de la porte ouverte. Quand je dis qu'ils se dépêchent, c'est une façon de parler car, chez le Chêne par exemple, le riedeau de bois se referme à la vitesse de 8 mm par an ! Pour un autre arbre, une blessure au pied, c'est toujours un terrible tuile...
Je m'arrête là pour aujourd'hui... Il faudra attendre pour la suite !