Attention à l'invasion !

Publié le par Melimelo

    En novembre 2005, un habitant du Lot-et-Garonne tombe sur un animal bizarre. Un Frelon plutôt étrange, occupé à déguster un fruit. Le ventre du visiteur n'a pas cette belle couleur jaune des Frelons ordinaires. De loin, il a même l'air noir. Intrigué, l'homme capture le drôle de paroissien et décide de le faire expertiser par des spécialistes. Déception : l'animal est inconnu au bataillon. Personne, jamais, n'a vu une bête pareille.
    Quand on découvre son identité, tout le monde tombe de l'armoire. C'est un Frelon noir ou encore appelé Frelon asiatique - Vespa velutina pour les intimes. Un animal qui vit en principe au fin fond de l'Asie, du côté de l'Inde, de la Chine, de l'Indonésie. Comme diable a-t-il pu débarquer dans le Lot-et-Garonne.
    On enquête et on finit par trouver quelques indices troublants. Un horticulteur de la région a fati venir de Chine, par bateau, des poteries et, dès 2004, il a remarqué de drôles de Frelons noirs circulant dans sa propriété. Il est donc bien possible qu'une jeune Reine de Frelon asiatique, s'étant mise à l'abri dans l'une de ces jarres avec l'idée d'y passer l'hiver, se soit finalement réveillée à plusieurs milliers de kilomètres de chez elle, sur un continent inconnu.
    Or, apprenez qu'une Reine des Frelons, même parachutée contre sa volontée à l'autre bout de la planète, n'est pas du genre à se laisser démoraliser. Elle décide de faire son nid sans rien demander à personne. Pas de mari ? Et alors, quelle importance ? Elle a déjà été fécondée à l'automne dernier, avant son départ de Chine. Et elle a suffisamment de sperme en réserve pour fabriquer des dizaines et des dizaines de filles, qui feront chacune un nid, puis des centaines et des centaines de petites-filles.
    Et voilà comment, depuis 2005, les savants assistent, impuissants, à l'incroyable conquête de la France par les Frelons noirs. Il est facile de suivre la progression de ces hardis pionniers : ils installent le plus souvent leur nid tout en haut des grands arbres, en plein vent. L'été, personne ne se rend compte de leur présence ; mais quand les feuilles tombent, stupeur : on découvre ces formidables monuments de papier, perchés en plein ciel d'une taille sidérante, parfois jusqu'à 1m de haut et 80 cm de diamètre. Bien sûr, on appelle vite les chasseurs pour détruire à coups de fusil les nacelles des nuisibles. Trop contents d'être utiles, nos héros font leur devoir - sans se douter qu'ils tirent sur une coquille vide : il y a belle lurette que la vieille Reine est morte (elle ne vit qu'un an) et que toutes ses filles sont en sécurité, dispersées à l'abri du gel, un peu partout dans la campagne, prêtes à fonder chacune un nid dès le retour du printemps.


   C'est ainsi que, d'une année sur l'autre, les Frelons noirs sont toujours plus nombreux, et colonisent sans cesse de nouvelles communes, de nouveaux cantons, sautant prestement d'un département à un autre. Alors que leur présence en France n'a été remarquée qu'en 2004, en 2008 déjà ils avaient pris possession de tout le quart sud-ouest de la France. Pas de quoi enthousiasmer les savants : ils savent que l'irruption brutale d'une espèce dans la très délicate horlogerie de la nature ne peut guère apporter que des tuiles. Plus pessimistes encore : les apiculteurs. Le Frelon asiatique était déjà connu dans sa patrie d'origine comme la bête noire des abeilles. Aussitôt arrivé en France, le lascar s'est empressé de déballer son savoir-faire. Planté devant les ruches, il fond sur les mouches à miel qui rentrent à la maison, à la manière d'un petit rapace tombant du ciel. Pauvres bêtes ! Elles avaient déjà sur le dos le varroa, les pesticides, les OGM ; il ne manquait vraiment plus que lui ! ... Autre victime dont le moral est sérieusement en baisse : Sa majesté la Reine des Frelons, elle-même, héroïne du présent numéro. Non seulement toutes ces maudites entreprises asiatiques délocalisées viennent piller sans le moindre scrupule son territoire de chasse, mais voici que certains apiculteurs prennent l'habitude de poser partout dans la nature des pièges qui prennent indifféremment Frelons noirs et Frelons jaunes. Ah ! c'est sûr, l'invasion des Frelons va créer des problèmes ! Et c'est pourquoi les scientifiques la suivent de très près. Comment aider ces spécialistes ? De façon très simple, en leur signalant la présence des Frelons noirs dans votre région. Ces insectes ne sont pas du tout compliqué à reconnaître.


    Mais attention : pour éliminer tout risque d'erreur, le Muséum ne prend en compte que les informations accompagnées d'une photo de l'insecte ou du nid. Un cliché numérique pris au téléphone portable suffit.
     Voici les informations que vous avez à fournir :

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Publié dans Regard nature

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M
Très intéressant mais ça fait flipper tout ça!<br /> Gros bisous mon coeur,<br /> je t'aime et continue d'écrire tes articles
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A
ton jolimelimelo fait un tres joli blog. Je suis honorée de t'offrir une récompense bien méritée je l'avoue au nom de la communauté de "tout lyon et ses environs" pour l'obtenir il te suffit d'aller sur mon site et de copier l'image si probléme passe par internet et non par mozilla. Bien à toi et bravo !
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M
<br /> Merci !! J'irai chercher ma surprise dès que possible !<br /> <br /> <br />